Le web digne fils des statistiques et de l'artistique

 

Depuis maintenant plus de 15 mois, nous avons développé une méthode de construction de site assez révolutionnaire (le mot est un peu fort mais au point où nous en sommes sur les blogs, à savoir que tout le monde se déclare "expert-citoyen" et ouvre son blog en moins de 24 heures), il faut parfois savoir ECRIRE UN PEU PLUS FORT POUR SE FAIRE ENTENDRE.

Désolé, je vais baisser le son.

Oui, nous sommes adeptes, au sein de notre agence, d'un mouvement incroyable. Une lame de fond, une révolution : nous refusons de faire des maquettes et d'écrire des pages sur nos clients sans avoir analysé à l'avance ce que les internautes pensaient d'eux, de leurs produits ou de leur métier.

Sans avoir posé nos hameçons dans les profondeurs du Web. Sans avoir questionné nos bases de données pour savoir ce qui intéressait les clients de nos clients.

Sans avoir développé de matrice autour des concepts à développer ou des mots à utiliser.

Nous nous battons pour expliquer à nos clients (et heureusement s'ils sont clients, ils le comprennent) qu'il est important d'écouter avant d'écrire.

Que nous disposons aujourd'hui d'outils pour pouvoir analyser les sources d'influence, les comportements des internautes et écouter le bruit avant d'écrire.

Avant de rédiger. Avant de concevoir.

Que ce qui figure dans une page n'est pas le fruit du hasard. Que le doigt mouillé peut servir en mer pour connaître le sens du vent. Pas dans le métier d'une agence qui conseille son client. Que les préjugés sont les pires ennemis des recommandations marketing.

Que les appels d'offres qui demandent des maquettes sans même rencontrer le soumissionnaire, sans avoir pris le temps d'expliquer qui l'on est, restent une aberration du code des marchés publics.

Qu'il ne sert à rien de faire une maquette graphique sans avoir déroulé toute une phase de création, alternant le factuel et l'artistique.

Oui, le Web, en 2009 est le fils des statistiques et de l'artistique.

Que le "j'aime ou j'aime pas" n'a aucun sens.

Qu'à la limite, le design n'est pas là pour plaire, mais pour gagner.

Ce qui a toujours été évident dans la publicité depuis le début, à savoir les bases mêmes du marketing (connaître ses clients pour mieux définir son offre), devient maintenant révolutionnaire dans le Web.

Avec l'atomisation de nos agences, la dureté du marché, les offres pléthoriques des "package premium", "gold tout en un", "votre site à 240 € HT par an", notre profession a tout simplement oublié de revenir aux fondamentaux.

Bien sûr, pouvoir avoir l'écoute d'un client sur le renversement de la méthode de construction (j'écoute avant d'écrire) est aujourd'hui un luxe.

Et heureusement, dans ce cas, nous sommes chanceux.

Mais mon envie, par ce billet, est d'aller plus loin, de générer encore plus de qualité dans la production, la nôtre et celle de nos confrères, de donner envie de faire encore mieux.

Alors, prenons un peu de temps pour écouter d'abord avant de parler ou d'écrire.

En ce sens, dans un monde de bruit permanent, oui, cela redevient un vrai luxe.